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ET LA LUNE NOUS REGARDAIT
nouvelles taurines

2007

Éditions Cairn

Préface de Miguel Darrieumerlou. 
 

Unique ou multiple, singulier ou pluriel. Il s'appelle José. José tout court. Un prénom qui fait trace, qui se passe de nom. Et qui lui suffit, entre les mille choses qu'il accomplit pour ses toreros. José est valet d'épées, mais disons plutôt - car le terme est offensant et l'homme digne n'a rien de servile - qu'il est mozo de espadas. Presque la même chose, en plus noble, indispensable factotum, ombre nécessaire des hommes vêtus de lumière. De la même manière qu'il seconde tous les gestes professionnels du maestro, il est de tous les moments de bonheurs secrets, de tous les doutes d'avant course, des terreurs qui précèdent l'habillage, de tous les instants de souffrance. Témoin, constant, confident, fidèle. Entre nettoyage des étoffes et affûtage des fers, il est le trait d'union, le passeur silencieux qui relie ces nouvelles intimistes l'une à l'autre, où sur fond d'arènes, le réel et l'imaginaire se mêlent, s'emmêlent et s'entrechoquent.

Couturière des mots, dentellière des émotions, Catherine Le Guellaut tisse ce fil sans âge qui noue l'homme aux taureaux, qui lie d'amour et d'éternité, les bestiaires aux sauvageries telluriques du dieu cornu, mille fois passé au fil de l'épée et toujours renaissant. Pour quelques miettes de gloire éphémère, quelques lambeaux de lumière, pour le regard d'une belle… Pour défier la nuit, en torero, le cœur avancé, seul sous une lune assassine.“

Par choix, par passion. Entre sol y sombra, des vies en sursis de toreros basculent un jour. Explosent sous la charge du toro bravo, se noient dans le regard émeraude d’une sirène, succombent à la détresse… Ou comme les nôtres apparemment plus ordinaires, s’alimentent de mille petits bonheurs secrets, se battent pour surmonter les instants de doute ou de terreur. Hurlent aussi. Aux compromissions, à l'injustice.

D’une nouvelle à l'autre, on se faufile presque par effraction dans le sillage de José, le mozo de espadas, le valet d'épées du matador, homme à tout faire, confident et protecteur qui apparaît derrière les burladeros, puis disparaît entre deux portes. José tout court. José, le fidèle, l'humble, le sans nom, le sans-grade. Unique, multiple, singulier ou pluriel, juste un prénom pour guide. Le passeur sensible entre le visible et l’invisible. Le témoin silencieux de bouts de vies sur fond d’arènes où le réel et l’imaginaire se mêlent, se croisent, s’enlacent.

 

En onze textes ponctués de coplas, troublante fileuse des mots, sorcière des émotions, Catherine Le Guellaut tisse avec violence et délicatesse les fils ténus de ces vies croisées, parfois brisées. Et comme pour en révéler un sens oublié, elle noue au centre de sa toile, le miroir circulaire de l'arène où se reflètent l’humain et l’animal, l’homme et le dieu taureau attachés l’un à l'autre par des liens ancestraux faits de sauvagerie, de bestialité, d'amour et de passion. De sagesse parfois. Sous le regard d'une lune attentive aux yeux cernés.

illustrations : Albert Martin

ils, elles en parlent

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